

Le temple

.
Vernoux est une commune
mi-protestante, mi-catholique.
Nous avions la chance, les jeunes,
de pouvoir fréquenter les deux clubs :
Le pasteur, Mr Wiblé, avait un
esprit œcuménique, et nous recevait,
les cathos, les bras ouverts
avec beaucoup de bienveillance.
Ce temple reste pour moi le souvenir
d’ un partage sans frontière,
j' y ai découvert de très belles personnes,
des musiques innovantes,
tel le Rhythm and Blues.
Nous y écoutions Otis Redding
durant des heures, Les Beattles,
les Stones … Et Led Zeppelin,
d'où cette chanson « Mélodie » …

Denise-Claire Barry-Barjon


L'étude d'Alain Sabatier , nous éclaire en bien des domaines:


Historique
1562 - Construction du premier temple.
1683 – Démolition du temple
Après le massacre
de protestants par les dragons du roi
au lieu-dit "l’Herbasse"
(début des dragonnades).
Période du « Désert » (fin XVIIᵉ - XVIIIᵉ s.)
- Le culte se maintient clandestinement
sur le plateau de Vernoux, l’un des
foyers huguenots d’Ardèche.
1824-1826
Grâce à l’action de l’Ardéchois
François-Antoine de Boissy d’Anglas
(sénateur sous l’Empire),
Autorisation de rebâtir ;
Chantier ouvert en 1824, inauguration
le 8 octobre 1826. Édifice de style sobre
comptant parmi les plus grands
Temples de France
1844 à 1874
Réparations de toiture,
puis aménagements et salles annexes.
2011
Le temple est inscrit Monument
Historique (arrêté du 8 mars 2011-
parcelle A 1551 et mur de clôture)
2021-2022
Rénovation complète de la toiture
et restauration de l’orgue par la commune.
Vers 2026
Préparation du bicentenaire de l’édifice.
" Le canton de Vernoux dans l’Ardèche est le seul en France à avoir voté non
au plébiscite de 1851. Par ailleurs, c’est un canton à majorité protestante,
où le souvenir des guerres de religion est demeuré vif.
Enfin, il est devenu le canton le plus rouge du département.
Quelles relations cette attitude politique ?
Et peut-on inférer de ce cas local à un phénomène général ?
« Un protestant dans l’Ardèche est un homme de gauche »
avait déjà conclu A. Siegfried, tandis que d’autres, plus hardiment encore,
n’hésitaient pas à avancer qu’un protestant français
est aussi nécessairement un républicain (…)
Le présent travail n’a pas ces ambitions. C’est plus qu’une monographie,
en ce sens qu’il s’insère dans un ensemble de recherches poursuivis
à l’université de Grenoble sous la direction de P. Bolle sur les relations entre religion et politique dans les trois départements de la Drôme de l’Ardèche
de l’Isère . En ce sens également que, partie de l’étude du scrutin de 1851,
il a ensuite élargi son propos. Plan classique en quatre parties :
Essor économique, évolution sociale, structure religieuse, comportement politique. Une société rurale, dominée par quelques grands propriétaires,
un déséquilibre entre la ville plus catholique et la campagne plus protestante,
des clivages et contrastes nombreux mais particulièrement nets en matière de religion. La fortune est catholique et urbaine, mais le pouvoir est protestant
et rural et c’est une famille protestante qui domine la vie politique locale :
Sur neuf communes, une seule est à majorité catholique et vote à droite.
Deux blocs religieux : pour les protestants la persécution c’est l’ancien régime, mais pour les catholiques, c’est la république.
« En plein dix-neuvième siècle on retrouve à Vernoux l’atmosphère des 16e Et 17e Siècle - (page 256) - " je l'ai moi-même senti encore au début des années 60 malgré une sérieuse évolution. Les divisions sur le plan religieux entre catholiques et protestants se sont transposées
sur le plan électoral entre droite et gauche ". (Alain Sabatier)
Ces deux attitudes politiques - va jusqu’à écrire A. S. - symbolise l’opposition plus profonde de deux peuples, mieux de deux races. En tout cas deux formations, deux esprits, deux conceptions de la vie, matérialisées dans l’organisation
et l’éthos des deux communautés :
les cimetières eux-mêmes le disent ! "
Article d’Emile Poulat, historien et sociologue, relatif au livre d’Alain Sabatier :
« Religion et politique au XIXe siècle. Le canton de Vernoux-en-Vivarais »



